10 oct. 2026 · @Guillaume
En France, une place en EHPAD coûte en moyenne entre 2 200 € et 3 100 € par mois selon l’établissement, et bien davantage en Île-de-France. Pour la plupart des retraités, c’est plus que leur pension. Pourtant, la question du financement se pose presque toujours dans l’urgence : après une chute, une hospitalisation ou un diagnostic. Anticiper ce coût permet de choisir l’établissement plutôt que de le subir, et de protéger le patrimoine comme les relations familiales.
Dans cet article, nous détaillons ce que comprend réellement la facture d’un EHPAD, les aides qui la réduisent, et la méthode pour estimer en quelques minutes ce qui restera à payer grâce au simulateur Référence Retraite.
Ce que coûte vraiment un EHPAD
La facture d’un EHPAD se compose de trois tarifs. Un seul est entièrement à la charge du résident.
| Tarif | Ce qu’il couvre | Qui paie |
|---|---|---|
| Hébergement | Chambre, repas, entretien, animation | Le résident, sauf aide au logement ou aide sociale |
| Dépendance | Aide aux gestes du quotidien, selon le GIR | Le résident, en partie compensé par l’APA |
| Soins | Personnel soignant, matériel médical | L’Assurance maladie, sans frais pour le résident |
L’hébergement pèse le plus lourd. En 2024, la CNSA relevait un prix moyen de 2 164 € par mois pour une chambre seule habilitée à l’aide sociale, contre 3 128 € dans les places non habilitées, soit près de 1 000 € d’écart (CNSA).
Le tarif dépendance dépend du niveau d’autonomie. Les moyennes nationales sont de 6,11 € par jour en GIR 5-6, 14,36 € en GIR 3-4 et 22,65 € en GIR 1-2. Tout résident paie au minimum le tarif GIR 5-6, environ 186 € par mois.
La localisation creuse les écarts. En 2026, le prix moyen (hébergement et GIR 5-6) atteint 3 479 € par mois en Île-de-France et 4 454 € à Paris, contre 2 317 € en Bretagne (Cap Retraite, d’après la CNSA). À cela s’ajoutent les dépenses personnelles : mutuelle, coiffeur, linge, téléphone.
Les aides qui réduisent la facture
Quatre dispositifs peuvent alléger le reste à charge. Aucun n’est automatique : chacun suppose une demande, et leurs effets sont souvent plus modestes que ne l’espèrent les familles.
| Aide | Ce qu’elle couvre | Condition principale | À savoir |
|---|---|---|---|
| APA en établissement | Une partie du tarif dépendance | GIR 1 à 4 | Ne couvre jamais l’hébergement |
| APL ou ALS | Une partie de l’hébergement | Ressources, et pour l’APL un établissement conventionné | Souvent quelques dizaines d’euros par mois |
| Réduction d’impôt | 25 % des frais d’hébergement et de dépendance, plafonnés à 10 000 € par an | Être imposable | 2 500 € par an au maximum, perçus l’année suivante |
| Aide sociale à l’hébergement (ASH) | La part que les revenus ne couvrent pas | Place habilitée, ressources insuffisantes | Mobilise les enfants et se récupère sur la succession |
L’APA dépend des revenus. En dessous de 2 846,77 € de ressources mensuelles en 2026, elle couvre tout le tarif dépendance au-delà du tarif GIR 5-6. Au-dessus de 4 379,64 €, le résident paie 80 % de cet écart (CNSA, tarifs APA 2026). Dans les 23 départements qui testent depuis juillet 2025 un nouveau financement des EHPAD, la dépendance est facturée 6,16 € par jour à tous les résidents (pour-les-personnes-agees.gouv.fr).
L’avantage fiscal reste réservé aux résidents imposables. Sa transformation en crédit d’impôt, votée en première lecture à l’Assemblée, n’a pas été retenue dans la loi de finances 2026 (Cap Retraite).
L’ASH a des contreparties. Le résident reverse 90 % de ses revenus et conserve au moins 125 € par mois. Le département peut solliciter les enfants au titre de l’obligation alimentaire et récupérer les sommes avancées sur la succession. Beaucoup de familles préfèrent l’éviter, ce qui suppose d’avoir prévu un autre financement.
Pourquoi anticiper change tout
Une entrée en EHPAD décidée dans l’urgence se fait souvent là où une place se libère, sans avoir comparé les prix ni préparé le financement. Prenons un exemple calculé avec notre simulateur.
Exemple. Madame D., veuve, vit en Gironde. Elle perçoit 1 650 € nets par mois, n’est pas imposable et a été évaluée en GIR 3-4. Elle dispose de 40 000 € d’épargne.
| Poste | Montant mensuel |
|---|---|
| Hébergement (prix moyen du département) | 2 745 € |
| Dépendance GIR 3-4 | 437 € |
| Dépenses personnelles | 120 € |
| APA en établissement | − 251 € |
| Reste à charge | 3 051 € |
| Revenus de Madame D. | 1 650 € |
| Manque à financer | 1 401 € |
Son épargne couvre ce manque pendant environ 2 ans et 5 mois. Ensuite, il faudra vendre un bien, solliciter les enfants ou demander l’aide sociale. Ce sont des décisions qui se préparent mieux en amont.
Anticiper permet concrètement de :
- Choisir l’établissement selon le budget. Entre une place habilitée et une place non habilitée du même département, l’écart dépasse souvent 1 000 € par mois.
- Organiser le patrimoine. Vendre ou louer la résidence principale, mobiliser une assurance-vie, envisager un viager : ces options demandent du temps pour être menées dans de bonnes conditions.
- Parler en famille avant la crise. Qui participe, à quelle hauteur, et comment l’aide de chacun est-elle tracée : régler ces questions tranquillement évite bien des tensions.
- Faire valoir tous ses droits. L’APA, l’aide au logement et l’avantage fiscal se demandent. Les oublier coûte plusieurs centaines d’euros par mois.
Le simulateur Référence Retraite : votre reste à charge en quelques minutes
Nous avons conçu un simulateur gratuit qui ne s’arrête pas au prix affiché : il calcule ce que la famille paiera réellement chaque mois, une fois les aides déduites.
En trois étapes, vous renseignez :
- L’établissement : le département, le type d’EHPAD (public ou associatif habilité, privé commercial) et, si vous les connaissez, ses tarifs exacts.
- La personne accueillie : son niveau de dépendance (GIR) et sa situation familiale.
- Les ressources : revenus, imposition, aide au logement, dépenses personnelles et épargne disponible.
Le simulateur affiche alors le reste à charge mensuel et son détail, l’APA estimée, l’avantage fiscal éventuel, le manque à financer par rapport aux revenus et la durée pendant laquelle l’épargne le couvrira. Il signale aussi les situations à creuser : aide sociale envisageable, département expérimentateur, aide au logement non demandée.
Ses calculs reposent sur les barèmes officiels 2026 : seuils de l’APA publiés par la CNSA, forfait des départements expérimentateurs, règles de la réduction d’impôt.
Ses limites sont affichées clairement. Sans les tarifs de l’établissement, le résultat s’appuie sur des moyennes départementales ou régionales et reste une estimation, présentée avec une fourchette. Le simulateur ne calcule ni l’aide sociale à l’hébergement, dont les règles varient selon les départements, ni l’APL, à estimer sur le site de la CAF. Pour un résultat fiable, saisissez les tarifs de l’EHPAD visé, publiés sur l’annuaire officiel des EHPAD.
Accéder au simulateur de coût EHPAD : Simulateur coût EHPAD
En résumé
Le coût d’un EHPAD dépasse le plus souvent la pension du résident. Les aides réduisent la facture sans la combler, et l’aide sociale a des contreparties pour la famille. Estimer tôt le reste à charge permet de choisir l’établissement, de préparer le patrimoine et d’en parler sereinement en famille.
Le simulateur donne un premier ordre de grandeur. Pour aller plus loin, nos conseillers Référence Retraite étudient votre situation complète : revenus, patrimoine, fiscalité et solutions de financement adaptées.
Mettre de côté la somme adaptée avec une stratégie de placement prudente ou sous mandat paraît donc être la bonne solution !
Article à caractère informatif, à jour des barèmes connus en octobre 2026. Il ne constitue pas un conseil personnalisé ni un conseil de placement financier.




